King Kelly

On regardait il y a peu l’idée de pouvoir faire des films avec des téléphones portables comme l’évolution la plus terrifiante qu’il soit, comme un nouveau mode de réalisation qui allait pousser une certaine flémardise cinématographique à son paroxysme. Une peur qui se justifie pour ce qui est du cinéma d’horreur déjà galvanisé par des films en caméra subjectives tous plus mauvais les uns que les autres et où le long-métrage filmé avec un téléphone portable est en passe de devenir le nouveau truc à la mode en matière de terreur et de pseudo-réalisme. On est donc en droit de se montrer … Continuer de lire King Kelly

Tel père, tel fils

On dit du cinéma de Hirokazu Koreeda qu’il tient de celui de Yasujiro Ozu. La comparaison est flatteuse et même compréhensible tant Koreeda semble partager les obsessions familiales et les questions existentielles du réalisateur de Tokyo Story, mais la démarche est-elle vraiment la même? Là où Ozu filmait le quotidien de ses contemporains avec un minimalisme et une sobriété qui rappelle ce que les créateurs du Dogme tentèrent de faire plus tard en Europe, Koreeda use toujours d’un certains sensationnalisme pour explorer un Japon qui se cherche encore. Poupée en plastique prenant vie dans Air Doll, et maintenant échange de … Continuer de lire Tel père, tel fils

American Bluff

Rien ne semblait prédestiner David O.Russell à devenir la nouvelle coqueluche des oscars et des remises de prix en général avant le succès surprise de Happiness Therapy l’an dernier. C’est un fait, Russell s’est fait un nom avec sa comédie soit-disant hors norme. Mais ce cinéma hyperactif qui fascine par son énergie, sa liberté de ton et la tendance à l’improvisation de son casting quatre étoiles est-il réellement le cinéma d’auteur ambitieux qu’on rêve d’y voir? Pas si sûre, et avec American Bluff, Russell semblerait presque vouloir nous révéler sa propre imposture, tel un magicien désireux de partager ses trucs … Continuer de lire American Bluff

Gravity

On a tous connu ça: aller voir un film dont on a entendu tellement de bien qu’on ne peut qu’être déçu tant l’anticipation fut grande et impossible à combler. Gravity avec son bouche à oreille flatteur et ses critiques ahurissantes se devait d’être de ces films là. De ces phénomènes éphémères au marketing bien rodé. Un énième exercice de style pêchant par excès de vanité et par manque de substance. Sauf que non, pas cette fois. Gravity n’est pas qu’un buzz, il n’est pas qu’une bête de festival ni même un mini-phénomène un brin original. C’est un grand film, un … Continuer de lire Gravity

Le Congrès

La Science fiction est un genre souvent malmené au cinéma. Quand on sait que son pendant littéraire vit actuellement une de ses périodes les plus fastes, c’est un peu triste. Même lorsqu’ils ne se contentent pas d’explorer des univers dystopiques simplistes ou de filmer des conflits spatiaux et qu’ils cherchent à adapter des grands auteurs comme Christopher Priest (Le Prestige) ou l’immense Philip K.Dick, les réalisateurs simplifient à l’extrême des œuvres grandioses, allant jusqu’à les dénudés de leurs réflexions les plus audacieuses. Ce genre qui sur le papier pousse à la réflexion ne devient plus, sur un écran, qu’un prétexte … Continuer de lire Le Congrès

Pacific Rim

Alors qu’Hollywood n’a jamais autant jouer la carte de la facilité entre reboot, remakes, exploitations de licences et blockbusters formatés, l’été 2013 montre paradoxalement la sélection estivale américaine la plus audacieuse jamais vu depuis des décennies. Non pas que la qualité soit toujours au rendez-vous, mais les projets originaux sont nombreux et les suites et reboots, rares cette année, sont toujours dirigés par quelques grands noms du cinéma. Cerise sur le gâteau, Pacific Rim apparaît comme un des projets les plus dingues de l’été. Un mélange entre anime de méchas et films de monstres à la sauce nippone, avec Del … Continuer de lire Pacific Rim

Only God Forgives

Toujours en compagnie d’un Ryan Gosling de plus en plus muet, c’est fort du succès public et critique de Drive que Nicolas Winding Refn revient, moins de deux ans plus tard avec une oeuvre au titre choc. C’est en Thaïlande qu’il pose cette fois-ci sa caméra, trouvant sans doute en Asie un écho au cinéma violent et surréaliste qu’il affectionne tant. Refn aura beau filmer dans la langue locale et balancer son titre en Thaïlandais, l’influence américaine et plus particulièrement celle du Film Noir continue de suinter de sa caméra numérique. Étrange d’ailleurs que Refn ait un temps envisagé de … Continuer de lire Only God Forgives

Mud

En à peine 3 films Jeff Nichols a réussi l’exploit de s’imposer comme l’un des jeunes cinéastes américains les plus talentueux du moment. Les deux pieds dans l’eau boueuse du Mississipi, c’est à travers Mud, menteur et fugitif au grand coeur que Nichols souligne la dualité d’un Sud violent et romanesque. Sans aller jusqu’à dire que le film bascule dans le fantastique, Mud se plait à entretenir tout du long sa part de merveilleux, alignant les personnages excentriques et les situations rocambolesques avec une générosité quasi enfantine. Mais après tout c’est bien de l’enfance qu’il s’agit ici. Mud, comme son … Continuer de lire Mud

Stoker

On l’oublie un peu mais la fameuse Korean-Wave qui déferle sur le monde, ce n’est pas seulement des chanteurs et des groupes de musiques un peu exubérants mais c’est aussi un nombre grandissant de jeunes cinéastes prometteurs. Parmi eux, Park Chan-Wook fait presque figure de vétéran mais son Old Boy reste, dix ans après, une oeuvre culte qui continue d’inspirer cinéastes coréens et américains. On ne s’étonnera donc pas de retrouver Park Chan-Wook à Hollywood même si le pays de l’oncle Sam n’a pas toujours été tendre avec les cinéastes asiatiques. On se souvient ainsi des films catastrophiques que John … Continuer de lire Stoker

Effets Secondaires

Il va bien falloir se faire une raison, Steven Soderbergh aura éteins sa caméra d’ici la fin de l’année. A vrai dire Effets Secondaires est même censé être son dernier long-métrage pour le cinéma mais finalement Ma Vie avec Liberace, son téléfilm réalisé pour HBO sera distribué en salles outre-atlantique. L’heure du bilan est pourtant proche pour celui qui en 20 ans de carrière semble avoir déjà tout vu et tout fait et on a parfois l’impression que Soderbergh est là depuis bien plus longtemps que ça. Auteuriste mais accessible, Soderbergh aura en tout cas jusqu’au bout défendu la vision … Continuer de lire Effets Secondaires