Maléfique

Quand on parle de l’image de la femme dans les dessins animés Disney, on ne peut s’empêcher d’évoquer le sexisme vieux jeu d’un Blanche Neige et les septs nains et son héroïne qui trouve le bonheur en faisant le ménage et la cuisine pour ses compagnons masculins. Les choses ont certes changé chez Disney mais même en cherchant à se montrer moins conservatrice, la société n’a jamais su remettre totalement en question cette image traditionnelle de la femme définie par sa beauté, son amour des autres et sa fragilité, y compris dans ses productions les plus récentes. Le fait est qu’en … Continuer de lire Maléfique

Le Monde Fantastique de Oz

Deuxième incursion du studio Disney dans l’univers de Frank L. Baum, Le Monde Fantastique de Oz n’en évoque pas moins à l’écran un autre univers surréaliste récemment transposé par ce même studio. Difficile en effet, à la vu des paysages mi-baroque mi-gothique et tout en image de synthèse dépeints par Sam Raimi, de ne pas penser au Alice au pays des merveilles que Tim Burton avait maladroitement mis en scène en transformant l’univers absurde de Lewis Carroll en un Monde de Narnia pour gentils illuminés. Un travestissement qu’on pouvait dès lors craindre de voir se reproduire pour cette préquelle au … Continuer de lire Le Monde Fantastique de Oz

Le Hobbit : Un voyage inattendu

Il serait une erreur de considérer les trois volets du Seigneur des anneaux comme des chef d’oeuvres impérissables. Si la trilogie de Peter Jackson témoigne de la passion du réalisateur pour le matériaux d’origine, elle n’en souffre pas moins des faiblesses inhérentes à l’adaptation de romans très longs, celles-ci demandant toujours un sens aigu de la synthèse aux cinéastes et une bonne compréhension du matériaux d’origine. Après ça adapter le Hobbit, court roman de 300 pages, et en trois films de 3 heures, paraissait presque facile mais en dix ans beaucoup de choses ont changées, la fantasy c’est démocratisé, et La terre … Continuer de lire Le Hobbit : Un voyage inattendu

Les Cinq légendes

Il souffle depuis quelques années un vent de renouveau chez la filiale animation de Dreamworks ou, pour être plus précis, un vent de classicisme alors que le studio habitué à la parodie et aux références très appuyés s’est rendu compte qu’il laissait derrière lui le jeune public. Changeant de cap, Dreamworks avait rencontré un vrai succès avec Dragon, conte initiatique orchestré par des anciens de Disney, de quoi les motiver pour poursuivre dans cette voix. C’est donc clairement dans ce créneau là que se positionne les Cinq Légendes,  film de noël comme on en voit de moins en moins, enchanteur et … Continuer de lire Les Cinq légendes

L’Odyssée de Pi

Première oeuvre pour la jeunesse de Ang Lee, qui nous a depuis longtemps habitué à une certaine exubérance visuelle, L’Odyssée de Pi, récit initiatique d’un adolescent perdu en mer avec un tigre apparaît comme une évidence dans la filmographie d’un cinéaste qui a souvent mis en scène des personnages brisés cherchant à reconstruire leur identité. Le combat entre l’homme et l’animal (le moi et le ça comme diraient les psys)  au coeur du film n’est d’ailleurs pas inédit pour Ang Lee qui en avait déjà fait le thème clé de son mésestimé Hulk. C’est aussi à Hulk qu’on pense en … Continuer de lire L’Odyssée de Pi

Les Revenants – Laura Kasischke

Les oeuvres méconnus de Laura Kasischke, écrivaine, poète et professeur à l’université du Michigan, ont toujours été méconnus en France. Il faut dire que l’auteur traite de la jeunesse américaine, thème central dans la littérature américaine mais qui n’a jamais vraiment suscité l’intérêt du public français. Dommage car peu d’auteurs ont traités le sujet avec autant de pertinence et de lucidité, focalisant ses récits sur ce qui semble définir la jeunesse contemporaine, l’angoisse d’être une génération sans Histoire, sans avenir et sans passé. L’angoisse d’être une génération mort-né. Cette peur là a sans doute définit les auteurs de la génération … Continuer de lire Les Revenants – Laura Kasischke

Frankenweenie

Sans Henry Selick, Tim Burton a continué son chemin dans le cinéma d’animation avec les Noces Funèbres qui se déroulait dans un univers proche de celui de L’Etrange Noël de monsieur Jack mais qui n’avait pas eu le même succès. Avec le recul Les Noces Funèbres apparaît pourtant comme le dernier grand film du réalisateur ou en tout cas comme sa dernière oeuvre sans compromis. Alors que ses films en prise de vue réel sont de plus en plus médiocres, on peut au moins se rassurer en constatant que l’animation et le stop-motion continue de stimuler l’imagination d’un cinéaste qui … Continuer de lire Frankenweenie

Coldheart Canyon (Clive Barker)

On dit souvent qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture et pourtant l’envi de lire pour la première fois du Clive Barker m’est venue alors que, cherchant un roman horrifique, je suis tombé par hasard sur la magnifique couverture de l’édition française de J’ai Lu. Toutes catégories de romans confondus, les couvertures françaises sont généralement affreuses. Trop dépouillées, trop symboliques ou sans véritable rapport avec l’oeuvre, dans le cas de la littérature générale, ou trop kitch et sans âme pour les romans de genre, elles entretiennent souvent une image faussée des livres. Une image élitiste pour ce … Continuer de lire Coldheart Canyon (Clive Barker)

L’étrange pouvoir de Norman

En 2009 le petit studio d’animation Laika avait eu la bonne idée de parier sur Henry Selick et son dernier film en stop-motion Coraline. Adapté d’un roman du génial Neil Gaiman, cette version morbide d’Alice aux pays des merveilles avait remporté un succès critique et public qui témoignait de la popularité du stop-motion, procédé d’animation rare et complexe dont Sellick avait, en trois films aux univers un peu dingues, fait sa spécialité. L’étrange pouvoir de Norman, toujours produit par Laika, n’est peut être en rien associé au réalisateur émérite de L’étrange noël de monsieur Jack, mais ce pastiche de films d’horreurs et … Continuer de lire L’étrange pouvoir de Norman

Les Magiciens

Sans doute en partie à cause de choix éditoriaux franchement douteux, à commencer par une couverture qui n’a pas grand chose à voir avec son public, Les Magiciens reste un best-seller outre-atlantique qui en France n’a jamais eu la chance de trouver son public. Vendu comme un sous-harry potter ou pour reprendre la formule des critiques « un harry potter pour adulte », le roman de Grossman ne tarde guère à décevoir les amateurs des aventures du célèbre magicien et les lecteurs plus âgés en quête d’aventures un peu plus sombres. Il faut dire qu’à la différence de beaucoup de romans de … Continuer de lire Les Magiciens