Whiplash

On aurait difficilement imaginé un film sur le jazz oscarisé meilleur film en 2015, à une époque où le jazz ne se vit plus que comme stéréotype dans des parodies de film noir ou comme la quintessence d’un élitisme musical impénétrable. Whiplash dans une certaine mesure s’inscrit d’ailleurs volontiers dans cette seconde mouvance mais on pourra saluer son intégrité autant que son jemenfoutisme car pour Damien Chazelle pas question de faire un film pédagogique comme d’autre en auront fait sur le rap et la culture Hip & hop. Le jazz est mort et le réalisateur n’a pas l’intention de s’acharner sur … Continuer de lire Whiplash

Adrift in Tokyo

Tokyo semble indissociable du cinéma de Satoshi Miki tant les paradoxes de la capitale nippone alimentent les propres contradiction d’un cinéaste fasciné par l’ambiguité et le bizarre. Adrift in Tokyo à tout en apparence d’une oeuvre banal, son postulat de base n’étant même qu’une bonne excuse pour explorer les rues de la fascinante mégalopole du Japon. Ici Takemura jeune étudiant sans famille ni amis mais endetté jusqu’au cou se voit offrir par le collecteur de dette qu’on lui envoit la possibilité de gagner 1 millions de yens et de voir sa dette effacée s’il accepte de marcher avec lui dans … Continuer de lire Adrift in Tokyo

Le Monde de Charlie

On est jamais mieux servi que par soit-même dit le proverbe. Pourtant ils ne sont pas nombreux les romanciers qui, comme comme Stephen Chbosky, ont adaptés leurs oeuvres eux-mêmes pour s’éviter de multiples déceptions. On aura au moins du mal à reprocher à Chbosky de ne pas respecter le livre d’origine. A quelques coupes près le film lui est fidèle dans la trame et, plus important encore, dans l’esprit. Mais un bon romancier ne fait pas nécessairement un bon cinéaste et Le Monde de Charlie reste donc pour son réalisateur un premier film avec tous les risques que cela implique. Stephen … Continuer de lire Le Monde de Charlie

The Perks of Being a Wallflower – Stephen Chbosky

Rares sont les romans sur l’adolescence à avoir autant compter que Catcher in the Rye de Salinger, et pourtant l’unique roman de Chbosky pourrait bien être de cela. Ecris en 1999 The Perks of Being a Wallflower est encore aujourd’hui l’un des romans les plus lus par les jeunes américains, mais le livre n’a malheureusement jamais su percé dans l’hexagone. En partie à cause d’une mauvaise traduction, mais aussi en raison du manque d’intérêt pour le sujet qu’on ne peut, encore aujourd’hui, que déplorer. Ce n’est d’ailleurs pas de n’importe quelle jeunesse que Chbosky parle dans le roman mais de … Continuer de lire The Perks of Being a Wallflower – Stephen Chbosky

Robot and Frank

Avec son robot en carton, Robot and Frank est un film qui ne paye pas de mine. Archétype même du film s.f indépendant fauché qui vous demande de faire preuve d’indulgence, et dévoile peu à peu son potentiel et son originalité. Il faut dire que Robot and Frank est sans doute le premier film de voleurs avec un vieillard retraité et un robot d’aide à domicile en as de la cambriole. Loufoque? Assurément! Pourtant le film de Jake Schreier à bien d’autres atoux dans sa manche est se révèle être aussi bien un hommage discret aux films de robot qu’une oeuvre … Continuer de lire Robot and Frank

The We and The I

Dans The We and The I, il y a avant tout une bonne idée. Celle de faire un huis-clos dans l’espace confiné d’un bus remplis d’ados venust nous raconter un bout de leur vie. La démarche de Gondry rappelle celle de son confrère Laurent Cantet qui, en filmant le quotidien d’un cours au collège avec ses propres élèves, avait obtenu la palme d’or au festival de Cannes. Au réalisme social d’Entre les Murs, Gondry a pourtant préféré une approche plus légère, dans laquelle ses tics et ses loufoqueries trouvent toute leur place. Si comme moi vous avez connu les longs … Continuer de lire The We and The I

God Bless America

Avec sept participations dans des festivals et aucun prix jusqu’à là, God Bless America n’a à priori rien d’une sensation. Sans doute pas assez sérieux pour convoiter un prix dans des festivals rarement favorables à des oeuvres trop ironiques, God Bless America devrait sans doute finir sa carrière comme petite série B décalée mais inoffensives qu’on se passe entre potes dans une soirée télé-pizza. C’est dommage car c’est se méprendre sur les intentions, l’ambition et la qualité d’un vrai film générationnel qui raconte la société hyper-médiatique et les angoisses adolescentes d’aujourd’hui. Remonté contre l’idiotie et la méchanceté d’aujourd’hui, God Bless … Continuer de lire God Bless America

Take this waltz

Si à l’écran on a pu voir grandir Sarah Polley jusqu’à devenir l’une des meilleures actrices de sa génération, la jeune canadienne a su également prouver qu’elle était une cinéaste talentueuse. Fort du succès critique d’un premier film réussi sur un couple de sexagénaire séparé par la maladie d’Alzeihmer (Loin d’elle), Sarah Polley récidive avec une seconde histoire d’amour cette fois-ci moins originale, mais portée par une très grande actrice Michelle Williams. Take this waltz est l’histoire d’une femme mariée qui rencontre une sorte d’artiste maudit alors qu’elle ne se sent pas heureuse dans sa vie banale de femme mariée. … Continuer de lire Take this waltz

Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare

 Comédie romantique apocalyptique, Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare pourrait bien s’imposer comme un des films les plus révélateurs de notre époque. Certes la fin du monde fait recette depuis longtemps au cinéma, elle est même revenu en force depuis quelques années avec des films comme 2012 ou Melancholia. Pourtant le film de Lorene Scafaria est différent de ce qu’on a pu voir dans le genre. Pas question pour la jeune réalisatrice, à qui l’on doit aussi le scénario de « Une Nuit à New York », de tourner l’idée de la fin du monde en dérision et de … Continuer de lire Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare

La Part des anges

J’avoue volontiers n’avoir jamais été un grand amateur du cinéma de Ken Loach. Chef de film du cinéma social-réaliste, Loach n’en reste pas moins un cinéaste radical dont l’esthétisme minimaliste et le propos trop souvent misérabiliste ont toujours caché à mon sens une certaine tendance à la facilité. Si ses drames me laissent de marbres, il en est néanmoins tout autre de ses comédies qu’on considère pourtant comme des films mineurs. Le loufoque Looking for Eric se servait par exemple admirablement bien du prétexte du football pour parler des classes moyennes et aujourd’hui La Part des anges trouve à travers un pastiche … Continuer de lire La Part des anges