The Hunger Games: Mockingjay Part 1

Si Hunger Games s’était rêvélé être une adaptation de qualité en permettant à Gary Ross d’unir ses propres obsessions sur le pouvoir des médias à celle de l’écrivaine Suzanne Collins, Francis Lawrence avait signé une suite divertissante, certes, mais moins concernée par ces questions de société qui ont pourtant rendu cette saga meilleure que les si nombreuses autres dystopies pour adolescents qui prolifèrent à la fois sur les écrans et dans les rayons des librairies à l’heure actuelle. On s’étonnera alors agréablement du fait que Mockinjay soit un film aussi différent de son prédécesseur; un blockbuster si peu concerné par l’action et si recentré sur ses personnages et ses thématiques. Le découpage en deux film, très à la mode ces temps-ci, est à n’en pas douter un pur argument commercial, mais il a ironiquement pour effet de forcer les auteurs à la contemplation de leurs sujets et il leur donne toute latitude pour développer en profondeur des thèmes qu’un film de deux heures n’aurait permi de ne traiter que superficiellement.

Si Mockingjay paraît corriger les erreurs du second épisode, c’est peut être aussi parce que Suzanne Collins était cette fois-ci davantage impliqué dans le projet et a supervisé le scénario. Sa participation aura au moins permit de créer une adaptation parfaitement fidèle au matériaux d’origine et ce souvent à la ligne prêt. Une grande partie des dialogues sont ainsi repris tel quel du roman. Une chose impensable dans la littérature pour adulte mais que la nature minimaliste du roman pour adolescent permet très facilement. A l’image du premier épisode qui aller plus loin que le livre en nous montrant l’arêne du point de vu de ses créateurs, Mockinjay s’intéresse également davantage aux personnages secondaires, creusant ainsi un univers qui, à l’inverse du livre, n’est plus prisonnier de la subjectivité de sa narratrice. Cela donne davantage d’impact au travail sur les médias que le film effectue. Ainsi si le roman montrait comment Katniss était manipulé par la rébellion et comment la guerre se transforme en entreprise médiatique, Mockinjay va plus loin et devient une véritable parodie de film de guerre. Une déconstruction du mythe des guerilleros à la Che Gevara où tout, jusqu’aux punchlines guerrière, n’est qu’un artifice créer en coulisse. C’est un film qui nous invite à nous interroger sur la caméra en tant qu’objet et sur ce que son implication, y compris dans le champ de bataille le plus réaliste qu’il soit, car la guerre telle qu’on la voit à la télévision est toujours construite par ceux qui la capture à l’écran. L’information, pour les médias d’aujourd’hui, se change si souvent en propagande et Mockingjay en transformant des soldats en acteurs nous renvoit directement à cette médiatisation de la guerre au XXIeme siècle et à ce que cela implique.

S’il est évidemment toujours aussi dramatique que les précédents épisodes, Mockingjay dans sa volonté satirique, est alors aussi beaucoup plus drôle même le rire se veut amer et cynique. Un cynisme qui fera bien sûre mauvais genre dans une oeuvre pour adolescent mais Hunger Games a toujours réussi à être plus subversif que la normale. Do I dare disturb the universe ? Dit un célèbre poème que la littérature adolescente a repris en letmotiv depuis Chocolate War. Dans 90% des cas la réponse est non. Le roman pour adolescent est un roman de propagande, un roman fait pour apprendre aux adolescents que leur pouvoir est limité et qu’ils doivent grandir, devenir adulte et trouver leur place dans la société. Hunger Games nous dit plus que jamais l’inverse quand cette jeune fille se retrouve incapable d’obéir aux caméras et aux réalisateurs de ceux qui voudraient la transformer en Mockingjay et revendique ce pouvoir de décision que les autres lui ont subtilisés. Le titre du film est parfaitement ironique et ce nouvel épisode nous raconte moin la transformation d’une simple adolescente en légende guerrière que la destruction d’un mythe télévisé et la quête identitaire du personnage qu’il y a derrière.

Mockingjay est une petite bouffée d’air frais après tant de blockbusters si peu pertinent. Un film qui demande à être vu avec une distance critique tant il est une critique de sa propre condition: celle d’un film qui parle du pouvoir du paraître quand il est lui même victime des traitements cinématographiques les plus superficiels qu’il soit jusqu’à ce choix d’une actrice au physique de barbie pour incarner un personnage dont le corps est, dans le récit, en permanence objectifié par son entourage. Que Francis Lawrence ait ou non conscience de la nature hautement paradoxale de son travail n’importe même pas tant le résultat à l’écran ne peu échapper à la malice d’une histoire qui semblait presque déjà anticiper les contradictions de sa future adaptation cinématographique. Il n’en a pas l’air mais Mockingjay est un des plus subversifs blockbusters que l’on est vu au cinéma.

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