Take this waltz

Si à l’écran on a pu voir grandir Sarah Polley jusqu’à devenir l’une des meilleures actrices de sa génération, la jeune canadienne a su également prouver qu’elle était une cinéaste talentueuse. Fort du succès critique d’un premier film réussi sur un couple de sexagénaire séparé par la maladie d’Alzeihmer (Loin d’elle), Sarah Polley récidive avec une seconde histoire d’amour cette fois-ci moins originale, mais portée par une très grande actrice Michelle Williams.

Take this waltz est l’histoire d’une femme mariée qui rencontre une sorte d’artiste maudit alors qu’elle ne se sent pas heureuse dans sa vie banale de femme mariée. Margot rêve d’aventure et voit en Daniel le moyen de s’épanouir mais elle hésite à quitter un mari à qui elle n’a rien à reprocher. En soit le scénario de Take this waltz n’a rien d’attrayant. Difficile même de faire plus cliché mais Sarah Polley, parfaitement consciente de la banalité de son sujet, met dans son film une distance et parfois même un cynisme salvateur. Take this waltz pose alors un regard amusé et même ironique sur son héroïne insatisfaite (et plus généralement sur les héroïnes de comédies romantiques) qui voit en l’amour leur seul moyen de s’épanouir. Le film prend alors le contre pied de ce cliché persistant quitte à être parfois un peu trop moralisateur.

C’est en tout cas parce qu’il évite de se prendre trop au sérieux que le film est réussi. Sarah Polley y diffuse un humour pince sans rire discret et qui met souvent la mise en scène à contribution. En soit la plupart des scènes de Take this waltz sont banales voir même parfois un peu ridicule mais la réalisatrice, consciente des clichés de son film, choisi de poser sur eux ce fameux regard plein de lucidité pour mieux en révéler le potentiel comique ou émotionnel. On retient par exemple le rire de Michelle Williams après le long monologue érotique que lui réserve Luke Kirby au milieu d’un bar, ou la naïveté presque infantile de l’actrice lorsqu’elle se retrouve sur un manège avec ce dernier. C’est aussi le secret de la réussite du film qui se moque peut être de son héroïne mais sait au final se montrer assez tendre avec elle. On retrouve par ailleurs dans la mise en scène de Take this waltz le même travail ambitieux sur la gestion de la lumière que dans Loin d’elle et qui permet toujours de faire un parallèle avec les émotions de son héroïne. Le film beigne alors du début à la fin dans des lumières omni-présentes et surréalistes qui diffusent une atmosphère douce-amer et mélancolique.

Take this waltz semble avoir en tout cas était pensé pour Michelle Williams. L’actrice principale y est absolument parfaite. Drôle, triste, légère et forte d’une présence quasi-hypnotique, elle montre une excellente complicité avec la caméra de Sarah Polley qui semble avant tout vouloir la mettre en valeur dans chacune de ses scènes. De façon plus étonnante Michelle Williams et Seth Rogen affichent également une belle alchimie à l’écran alors qu’on ne pensait pas forcément ce dernier à son aise dans un registre purement romantique. Sarah Polley a donc signé une comédie romantique pleine de surprises pour qui appréciera la subtilité de son humour et son regard ironique et sensible.

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